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02.01.2009

Raphaël Mezrahi plane sur Buenos Aires

Les jours qui précèdent le départ du Dakar sont l’occasion de parler aux pilotes. Le temps des vérifications techniques et administratives, ils sont tous là, disponibles et pas encore accaparés par leur machine. Evidemment, les journalistes en profitent pour discuter avec eux. Les stars sont prises d’assaut par la petite armée médiatique mais il est aussi passionnant de s’entretenir avec les amateurs. Souvent sympas, ils sont des sources d’anecdotes inépuisables.

Jeudi 1er janvier, errant d’interlocuteurs en interlocuteurs, je repère un pilote isolé attentif à son 4X4. Il porte un tee-shirt avec une inscription évoquant vaguement le Sud-ouest. La carrure athlétique et le cheveux ras, il a l’air prêt pour son Dakar. Il se plie volontiers au jeu des questions et des réponses.

Jusqu’à la question fatidique qui l’a peut-être un peu étonné: «Tu connaissais Buenos Aires… ?»

«Ben ouais, je venais souvent y jouer au rugby», me répond-il sans sourciller.

Non ce n'est pas lui quand même. C'est vrai que ces cheveux sont un peu gris. Mais ils sont beaucoup trop courts. L’original avait les cheveux flamboyants quand il galopait le long de sa ligne de touche.

Histoire de boire le calice jusqu'au fond, je lance: «Excuse-moi, je ne t’ai pas demandé ton nom.»

Il ne s’est pas moqué de moi en répondant «Bernat-Salles…». Moi, je me serai bien auto-cravaté pour ne pas avoir reconnu l’auteur du 4eme essai de la demi-finale de 1999 face aux All Blacks. Cet essai de footeux où les cannes de Bernat-Salles et sa joie de gamin avaient scellé la défaite des Néo-Zed'.

Bernat-Salles va participer à son premier Dakar (en 2008, il s'était déjà inscrit au volant d'un Bowler).«J’y vais juste pour l’aventure. Que ce soit en Afrique ou en Amérique du Sud, pour moi c’est pareil.» L'ancien Biarrot (quand même 26 essais en 41 sélections chez les Bleus) appartient à l'équipe 100% Sud-ouest (c'était donc ça le tee-shirt) qui compte aussi dans ses rangs l'ancien  pilier international Christian Califano au guidon d'une moto. Je vais essayer de le repérer avant de me lancer la prochaine fois vers les amateurs...

31.12.2008

Buenos Aires marche

Buenos Aires, vers 19 heures

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Mardi soir, à 24 heures du réveillon, le peuple de Buenos Aires, n'avait pas encore la tête à la fête. Sur la Plaza de Mayo des milliers de personnes s'étaient rassemblés pour commémorer un triste événement. Il y a 4 ans, le 30 juillet 2004, 194 jeunes mourraient dans l'incendie de la discothèque "La Republica de Cromagnon". Buenos Aires n'a pas oublié.

 

 

 

 

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Trois feux de bengale avaient été à l'origine de l'incendie. Mais c'est surtout la boîte de nuit qui n'était pas aux normes. Le propiétaire, Omar Chabán, avait utilisé des produits très inflammables par soucis d'économie et quatre des sorties de secours étaient condamnées. Ces révélations avaient outré les Argentins.

 

Mais très vite, le scandale va prendre une tournure politique. La boîte de nuit avait été inspectée par les services municipaux en novembre. Le maire de Buenos Aires, Ibarra,  incapable d'organiser ses services d'inspection, est alors violemment contesté et une vague populaire de remise en cause du système politique envahit le pays. Des marches de protestation réprimées par la police gagnent Buenos Aires et toute l'Argentine. Le président Nestor Kirchner décrêtre trois jours de deuil national mais son immobilisme est pointé du doigt. Le maire de la capitale est quant à lui finalement démis de ses fonctions en 2006.

 

La marche de mardi qui a rassemblé des familles mais aussi des organistations politiques  le long de l'Avenue de Mayo montre que rien n'a été oublié et que la méfiance envers la classe politique est toujours très vive en Argentine.


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30.12.2008

Et les Sénégalais dans tout ça?

Le blouson sous le bras, à Buenos Aires depuis une heure...

Les fesses posées sur une banquette de taxi qui le conduit à fond dans le dédale des voies pénétrantes des faubourgs de Buenos Aires, le journaliste du quotidien sénégalais «Le Soleil», achève un très long voyage. Il est parti l’avant-veille de Dakar pour rejoindre Paris puis Madrid avant de se poser en Argentine. Toutes ces bornes pour couvrir une course qu’il a vu arriver tant de fois dans son pays où les avis ont toujours été divergents sur le rallye des Français. L'occasion de lui demander ce que pensent les Sénégalais de ce Dakar qui les fuit pour la pampa.

«Certains étaient très contents qu’il n’y ait plus le Dakar au Sénégal. Ceux-là avancent différents arguments comme l’écologie ou le fait que cette course soit un événement pour les privilégiés. On entend ce genre de choses dans tous les pans de la société, chez les bourgeois comme dans les classes populaires, mais ces avis restent vraiment minoritaires. En fait, lorsqu'on leur demande, la plupart des gens déplore que le Dakar ne vienne plus en Afrique. Le Sénégal est un des grands perdants de cette décision. Surtout que les groupes terroristes ne venaient pas de chez nous mais de la Mauritanie. Et encore moi je pense que même les autorités mauritaniennes ne croyaient qu’à moitié à ces menaces. Le président de la Fédération sénégalaise de sport automobile me disait l’autre jour qu’à cause de cette annulation, le pays subissait un manque à gagner d’1milliard de Francs CFA (Environ 1,5 millions d’euros). Mais il faut quand même avouer que ce débat n’enflamme pas non plus les cafés de Dakar.»

Bref entre résignation et mouvements d'humeur, les Sénégalais n'ont pas l'air de se formaliser. Pourtant, il n'est pas dit que le rallye ne revienne pas un jour par chez eux. Pour le moment, ASO n’a pas pris sa décision sur l’avenir à court terme du Dakar (où se déroulera l'édition 2010?). Les organisateurs du rallye conditionnent un retour en Afrique à une accalmie du continent et attendent de voir comment se déroule l'édition qui débute samedi. Comme il l'était depuis de nombreuses années sur les Dakars aficains, le journaliste du «Soleil»a en tout cas été invité en Amérique du Sud (tout comme l'auteur de ce blog d'ailleurs), ce qui tend à prouver qu’ASO veut continuer à entretenir des liens avec le continent africain.

Matthieu Goar, lui aussi à fond dans un taxi

 
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